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La civilisation japonaise

Chapter 8 No.8

Word Count: 4765    |    Released on: 06/12/2017

SA PROPAGATION DA

?¨re que celle de la morale de Confucius et de son ??cole. Cette influence fut essentiellement ??conomique, sociale et politique.

??e, aux ??les Loutchou et au Japon. Daorigine indienne, elle a ??t?? supplant??e par laIslamisme dans la r??gion qui fut son berceau. Mais, si la foi de Mahomet a triomph?? de laInde bouddhiste, elle naa pu y r??ussir que par la terreur du sabre; le Bouddhisme, lui, naa augment?? le nombre de ses partisans que par la seule arme dont il ait jamais fait usage: la persuasion. Cette persuasion saest op??r??e dans les conditions les plus ??tonnantes, et lahistoire ne nous montre nulle part une doctrine se propager avec moi

it ?atre ??loign??e de celle que nous venons de mentionner. Il fut ainsi le contemporain de Laotsze en Chine, et sa??teignit, dit-on, en 543 avant notre ?¨re, alors

L? , pendant des ann??es cons??cutives, dans la plus aust?¨re des retraites, il se condamna ? toutes sortes de mortifications. Apr?¨s avoir dompt?? ses sens et subi de nombreuses extases, il acquit, pendant laune daelles, la conviction quail ??tait enfin arriv?? ? la connaissance absolue de la route par laquelle lahomme peut assurer ? sa personnalit?? la d??livrance ??ternelle. Il se d??cida, en cons??quence, ? quitter sa retraite, et alla pr?acher, pendant quarante-cinq ans, sa doctrine ? B??nar?¨s, ? R?¢djagriha, dans le Magadha, et ? ?r?¢vast??, dans le K?′sala (Oude). A sa mort, ses disciples se r??unirent en concile, s

n cela avec la religion brahmanique, laHomme a ??t??, de toute ??ternit??, condamn?? ? des transmigrations successives, durant lesquelles il est soumis ? toutes les souffrances; et la mort, au lieu da?atre un terme ? ses maux, naest que le signal daune p??riode nouvelle daafflictions et de douleurs. Les moyens que les Brahmanes indiquaient pour ??chapper ? cette pers??cution incessante de laindividu parurent insuffisants, inefficaces ? ??¢kya: il leur en substitua daautres quail d??clara infaillibles. Pour ??chapper au

esse; 6o le go??t pour les danses et les repr??sentations th???¢trales; 8o la coquetterie; 9o la mollesse (avoir un coucher doux et somptueux); 10o laamour d

?? dans laaum?′ne; 2o la puret??; 3o la patience;

aobjet de nos ??tudes. Et comme cette religion, diff??rente, au Tibet et en Mongolie, de ce quaelle ??tait originairement dans laInde, saest modifi??e en Indo-Chine, en Chine, en Cor??e, et peut-?atre plus encore au Japon, je serais entra??

?¨gne de laempereur Ming-ti, de la dynastie des Han. Ce prince envoya, cette

oi resplendissant de saintet???, ou simplement Sei-wau ?le saint Roi?, envoya, en hommage, au mikado, une statue de cuivre de ??¢kya-Mouni, des drapeaux, des dais de soie et les livres sacr??s du Bouddhisme[148]. Laempereur, en recevant ces pr??sents religieux et apr?¨s avoir entendu laenvoy?? du roi de Paiktse exposer les m??rites de la doctrine de ??¢kya, que le sage Tcheoukoung et Confucius lui-m?ame naavaient pas eu le b

pon, avec ses cent quatre-vingts dieux, avait des adorations ? accomplir le printemps et la??t??, laautomne et lahiver, et soutint que, s

e de Bouddha ? son ministre Iname. Celui-ci la transporta dans so

n de la statue de ??¢kya, laquelle avait provoqu?? le m??contentement des divinit??s locales. Le mikado se rendit ? ses repr??sentations

?? ses temples, sous le r?¨gne de Nu-naka-kura-futo-tamasiki (Bindatsou), plusieurs grands de laempire, un neveu de laempereur, nomm?? Mumaya-do-no Wausi, et le premier ministre Muma-ko, entre autres, se montr?¨rent tr?¨s ardents sectateurs du nouveau culte. Ce dernier tomba malade de d??sespoir, en voyant les pers??cutions dont ??tait laobjet la religion quail avait embrass??e. Il supplia le

tr?′ne ? un de ses fils, Mumaya-do-no Wau-si, que je vous ai cit?? tout ? laheure pour son d??vouement ? la religion bouddhique. Ce prince, profond??ment p??n??tr?? des principes de ??¢kya, naaccepta pas le tr?′ne, mais il profita de son influence pour donner de grandes facilit??s ? la propagande des bonzes

en expliquer les livres sacr??s. Fid?¨le aux enseignements de ??¢kya, il saabstint toute sa vie de tuer aucun ?atre vivant; et, dans les repas

; 2o la Hotoke-no miti ou But-tau, religion du Bouddha; 3o la Syu-tau, religion de Confucius ou des Lettr??s. Rien naest plus inexact. La sin-tau est une sorte de culte des h??ros antiques de la nation, naexcluant, en aucune fa?§on, la pratique de la But-tau ou Bouddhisme, qui est, en r??alit??, la seule doctrine religieuse des Japona

Daailleurs le Bouddhisme saest partout associ??, plus ou moins, aux croyances et aux pr??jug??s des pays o?1 il est venu saimplanter. Le m??lange des id??es est tel, au Japon, quaon serait pa

erdre dans laOc??an, repr??sente, au contraire, pour quelques sectes du Japon, la??tat de b??atitude de la?¢me dans le sein de la divinit??, apr?¨s laextinction de la vie terrestre. Une des deux ??coles des Svabh?¢vikas, lesquelles compt

¨bres docteurs de la foi indienne, qui vivait au ixe si?¨cle, Kau-bau Dai-si, laavait fort bien compris. Il annon?§a donc au peuple que les deux doctrines naen formaient en r??alit?? quaune seule, et que la?¢me du B

e il laentend. La population des campagnes surtout ne se pr??occupe gu?¨re de laorigine des idoles pr??sent??es ? sa v??n??ration: pourvu quaelle ait, dans ses temples, quelques statues auxquelles el

un petit nombre de bonzes instruits et expos?? dans des ouvrages indig?¨nes daex??g?¨se, de pol??mique et de sp??culation, et le Bouddhisme

??tre un jour. Tout ce que je puis dire, daapr?¨s quelques entretiens que jaai eus avec des moines ??clair??s du Nippon, caest quail r?¨gne une grande ind??pendance daid??es dans cette doctrine, quaelle tend ? sa??tablir sur des bases scientifiques, quaelle admet tous les changements q

tion ? ce besoin de mise en sc?¨ne, si avantageux pour maintenir la domination daun clerg?? avide et abruti. La plupart des exercices religieux sont accompagn??s par le son des cloches ou des gongs, que les bonzes frappent ? coups de marteau r??p??t??s en cadence. Dans certaines sectes, les pr?atres se rev?atent de costumes brillants, tandis que, dans daautres, ils affectent de se couvrir dahabits crasseux et de haillons. Les uns prescrivent le bapt?ame, la confession, et font des sermons en forme de conf??rences; daautres saabstiennent de ces pratiques, et font consister la liturgie en des chants langoureux et monotones qui am?¨nent doucement les fid?¨les ? une sorte daabaissement intellectuel et m?ame dah??b?¨tement contempla

s au Japon. Une appr??ciation quelconque de leurs doctrines serait donc ? tous ??gards pr??matur??e. Je me bornerai, en cons??quence, ? vous citer trois daentre elles qui sont souvent mentionn??es d

une ??tude approfondie des King ou Livres sacr??s de la Chine et des historiens chinois, il entra au couvent et saadonna ? la culture des canons bouddhiques. On lui conf??ra daabord le titre de K?′-ka?ˉ ?laOc??an du Vide?, et, quelques ann??es apr?¨s, celui de K?′-bau Da?ˉ-si ?le Grand Ma??tre qui r??pand la Loi?, sous lequel il est connu dans lahistoire. A la?¢ge de trente ans, il saembarqua pour la Chine, o?1 il demeura trois ans pour se perfectionner dans

?¢kya-Mouni, et il faut y voir plut?′t un recueil dainstructions morales quaun livre religieux proprement dit. On y trouve cependant laexpression des id??es de laauteur, au sujet de la?¢me ?qui p??riclite au fur et ? mesure que le corps saaffaiblit par la vieillesse?. Il y est ??galement question du nirv?¢na (en Japonais: ne-han). Suivant K?′bau, cet ??tat supr?ame de la?atre ??mancip?? consiste dans laabsence a

et attendons pour cela que nous poss??dions les livres qui repr??sentent r??ellement leur philosophie doctrinale. Toute appr??ciation, fond??e sur le

a-sse[163], fut apport??e au Japon par un certain Sa?ˉ-t?′ et devint, lors de la fondation

oint daailleurs astreints aux rigueurs impos??es aux autres associations monastiques: le mariage leur ??tait permis, ils avaient la libert?? de manger de la viande et ne se rasaient point la t?ate. Constitu??s, dans une certaine mesure, en ordre militaire, ? lainstar des Templiers, la cour de Y??do comptait sur

celle du clerg?? bouddhique. Des mesures avaient daailleurs ??t?? d??j? prises, depuis bien des si?¨cles, pour assurer au gouvernement la haute main sur les monast?¨res. A laoccasion daun assassinat commis par un bonze, en 625 de notre ?¨re, laimp??ratrice To

rapide daalt??rer, jusque dans ses principes fondamentaux, le bouddhisme japonais, auquel il ne resta bient?′t, de la grande doctrine indienne, plus gu?¨re autre chose que le nom. Jaignore ce quail peut y avoir de vrai dans ce quaon a dit au sujet daune philosophie bouddhique, ? laquelle certains bonzes auraient su donner une remarquable ??l??vation. Mais il est hors de doute que, tel quail est pratiqu?? de nos jours par la masse des insulaires de laAsie orientale, il n

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La civilisation japonaise
La civilisation japonaise
“La civilisation japonaise by L??on Louis Lucien Prunol de Rosny”