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La civilisation japonaise

Chapter 7 LA LITT RATURE CHINOISE

Word Count: 5224    |    Released on: 06/12/2017

J

assimiler les id??es occidentales et de conna??tre nos langues et nos sciences a certainement contribu?? ? faire n??gliger dans les ??coles la??tude longue et p??nible des monuments litt??raires du C??leste-Empire; on peut m?ame constater un certain d??dain que professe ?le jeune Japon? pour tout ce qui peut rattacher sa civilisation ? la patrie de Confucius. Il naen demeure pas moin

ez ces insulaires quand ils se trouvaient en pr??sence daEurop??enns plus familiaris??s quaeux-m?ames avec les livres qui ont ??t??, pendant bien des si?¨cles, la base de toute ??ducation lib??rale dans leur empire. Jaai connu ??galement des lettr??s japonais profond??ment vers??s dans la culture des lettres id??ographiques, et il maa suffi de lire en leur pr??sence quelques anciens textes chinois pour ??tablir avec eux

rs vieilles traditions et leur histoire, que vous pouvez admirer avec eux des beaut??s ? peu pr?¨s compl?¨tement inconnues ou incomprises des orgueilleux Occidentaux, vous associer aux nobles ??motions de leur intelligence, vivr

; ils se feront volontiers vos ??l?¨ves pour chercher ? saassimiler vos connaissances et ? se donner aussi vite que possible laapparence de les avoir acquises; mais, d?¨s quails croiront poss??der ces connaissances-et ils le croiront bient?′t, car ils apprennent vite et se contentent ais??ment de notions superficielles,-vous leur deviendrez au fond aussi antipathiques que p

e je viens de vous le dire, de ce qui constitue, ? leurs yeux, la base de lainstruction sup??rieure. Dans ce but, je jetterai un coup da?il rapide sur les monument

ont pas encore ??t?? tous traduits[137]; que nous ne poss??dons, pour ainsi dire, aucune version europ??enne des grands historiens de cet empire; que, ? laexception du livre de Laotsze[138], tous les ouvrages des philosophes chinois nous sont inconnus; que nous naavons publi?? presque rien, dans nos langues, des grands recueils da??rudition, daarch??ologie, de mythologie, de g??ographie et de scien

ui-m?ame na??taient encore apparu quaaux yeux illumin??s des seuls proph?¨tes. De longtemps il ne devait pas ?atre question de Rome, daAth?¨nes, de Pers??polis, ni de J??rusalem; et, dans ces si?¨cles ext

?cier dans lahistoire de la litt??rature sur notre globe. Et, comme la langue dans laquelle ces livres ont ??t?? ??crits a surv??cu, de m?ame que le peuple qui laa parl??e, ? toutes les r??volution

int??r?at quaon naa cess?? de porter, dans laEurope savante, aux travaux des sinologues qui n

Chinois ont lahabitude de placer en t?ate de leurs classements bibliographiques, portent le no

s. Laesprit qui leur est propre a tellement p??n??tr?? dans le c?ur de la litt??rature chinoise, il en est devenu ? un tel point la?¢me et la vie que, sans les conna??tre, il est ? peu pr?¨s impossible de comprendre les livres indig?¨nes et surtout daappr??cier l

ransformations; 2o le Chou-king ou Livre par excellence; 3o le Chi-king ou Livre des Vers et Chants populaires; 4o le Li-ki ou M??morial des Rites; 5o le Tchun-t

onfucius qui en fut la??diteur, doit ?atre consid??r?? comme une des causes principales de la perte des antiques ??crits dans lesquels il a puis??. Caest, du reste, ce quaont toujours fait les abr??viat

nsmises ? la post??rit??, sous le titre de King, mais on naa pas encore d??gag?? des textes primitifs les interpolations nombreuses que le c??l?¨bre moraliste a introduites dans les antiques ouvrages quail avait recueillis. Un travail daex??g?¨s

omme le r??sum?? et laessence de tout ce que renfermaient de notions moralisatrices les anciens ouvrages qui existaient encore de son temps et dont il

sa??tant prostern?? du c?′t?? de la constellation de la Grande-Ourse (Peh-teou), il remercia le ciel, par une longue adoration de lui avoir accord?? la faveur de reconstituer ces monuments sacr??s de la grandeur antiq

qui, en Chine, ambitionnent un rang dans les lettres, furent enseign??s et expliqu??s de toutes parts; et le nomb

e, de faire dispara??tre toute trace du pass??, afin quail ne rest?¢t plus en Chine daautre souvenir que celui de sa race. Avec de telles dispositions, il ??tait naturel que ce jeune prince voul??t faire dispara??tre tous les monuments qui pouvaient rappeler les grands jours du pass?? et la gloire des dynasties d??chues. Un ??dit incendiaire ne tarda pas ? signaler les

son ministre Li-sse. Tous les exemplaires quaon put d??couvrir furent br??l??s; et peu saen fallut alors que cet ouvrage ne f??t comp

?s da?¢ge en ?¢ge que laon est parvenu ? saisir tol??rablement le sens de ces antiques ??crits. Le Livre des Chants populaires, par exemple, aurait besoin, pour ?atre bien compris dans toutes

qu??s ? lainterpr??tation des King, ??clairciront, sans aucun doute, une foule de pas

s est-il que Confucius lui vouait un culte particulier et saattachait sans cesse ? en interpr??ter ou ? en approfondir le sens. Jusqua? pr??sent, il faut le reconna??tre, ce livre obscur naa pr??sent?? pour nous quaun

i touche au Yih-king, me bornant ? mentionn

mes ou koua, compos??s de diverses combinaisons de trois lignes, tant?′t enti?¨res ou continues, tant?′t bris??es ou interrompues. Ces sortes de signes lin??aires, suspendus sur les

mps, fort complexe et souvent vague et embrouill??. Caest vraisemblablement le caract?¨re obscur et diffus de cette philosophie qui a engag?? les

¨s la mort de ce grand moraliste, la philosophie chinoise classique a repos?? sur les aphorismes du Yih-king et sur les d??veloppements que leur ont donn??s ses commentateurs. La dualit?? primordiale est le point de d??part de laouvrage et le principe daapr?¨s lequel il a ??t?? compos??; les deux ??l??ments constitutifs de cette dualit?? sont d??sign??s abstractivement par les noms de Yin et de Yang; traduits en objets concrets, ils deviennent

ase sur laquelle repose le Li

que jaai dit du premier des cinq King, de rappeler que le sens des koua de Fouh-hi ??tait depuis longtemps perdu lorsque le sage Wen-wang chercha ? le retrouver; que les explications de Wen-wang et de son fils Tcheou-koung ??taient elles-m?ames ? peu pr?¨s inintelligibles lorsque Confucius

inchi Hoangti, en publiant son d??cret de prohibition et de destruction des anciens livres, avait fait une r??serve en faveur de ceux qui trait

une curieuse co?ˉncidence, le Chouking des anciens Chinois, comme la Bible des H??breux, est un recueil de documents tout ? la fois religieux et historiques, qui est devenu, avec

t?′t compil?? par Confucius sur les documents quail put recueillir dans la grande biblioth?¨que des Tcheou et dans les diff??rentes localit??s quail eut occasion de visiter. Parmi ces docume

e pour ?atre an??anti. Mais, malgr?? les efforts des mandarins pour ex??cuter ces ordres incendiaires, malgr?? les supplices et m?ame la peine de mort qui devait ?atre prononc??e contre ceux qui e

d ?¢ge, il lui ??tait encore possible de le transmettre de vive voix: une d??putation de lettr??s lui fut aussit?′t envoy??e, mais elle ne put obtenir de lui que vingt-huit chapitres, caest-? -dire trente de moins que naen contient

le manuscrit ainsi d??couvert ??tait ??crit en anciens caract?¨res (en signes ko-teou), quaon ne comprenait plus ? cette ??poque, et les tablettes de bambou, sur lesquelles ??taient trac??s ces caract?¨res, se trouvaient consid??rablement endommag??es

ais il pr??f??ra abandonner les autres ? la destruction que de les publier comme il les poss??dait, caest-? -dire dans un ??tat d??fectueux et conjectural. Il entreprit toutefois, pour rem??dier autant que possible

mains duquel il se trouva, en a fait de nombreux extraits pour la r??daction de ses M??moir

emple, les saints empereurs Yao, Chun et Yu, dans les premiers chapitres de laouvrage, captivent notre admiration et notre respect pour ces trois grands monarques que la Chine cite avec orgueil, de si?¨cle en si?¨

ale du Chou-king, qui, du reste, ne transige avec personne, fournit ? la Chine non seulement les principes de

quer ? procurer aux peuples de quoi satisfaire ? leurs besoins mat??riels, les rendre vertueux et les pr??server de ce qui peut leur nuire; les peuples saadonner aux sciences, aux arts utiles, surtout ? laagriculture, et repousser le luxe comme une source incessante de mal

41]. Caest une collection de po??sies de tous les genres, recueillie par Confucius, 484

t onze par le moraliste de Lou, soit parce que beaucoup de ces pi?¨ces blessaient ses pru

?¨cle avant la?¨re chr??tienne. Leur style est des plus vari

vres historiques ou moraux tels que le Chou-king ou le Yih-king, et de les fa?§onner dans le moule ??troit de son esprit terre ? terre. Mais il ne pouvait en ?atre de m?ame ? la??gard du Livre des Po??sies. Comment, en effet, serait-il parvenu ? substituer les lieux communs de sa philosophie pratique aux tournures pleines de verve, de gr?¢ce et de na?ˉvet?? des pi?¨ces ??minemment caract??

s beau monument de laantique litt??rature chinoise, et celui qui pr??sente pour nou

, sans appr?at; par des po?¨tes vrais, sinc?¨res, incapables de tout d??guisement; par des po?¨tes pleins de vie et dainspiration; bref, par le peuple chinois lui

comprend qua

anciens empereurs avaient fait recueillir afin de juger de laesprit du peuple de leurs diff??ren

nce?, et de Siao-ya ?Petite Excellence?. Ce sont deux collections daode

uanges?, contient les hymnes chant??es dan

la plupart ? un antique rituel intitul?? I-li, dont on attribue la r??daction primitive au sage Tcheou-kong, que jaai d??j? eu laoccasion de vous citer tout ? laheure. Ce dernier livre renferme,

tie. Les r?¨gles quail renferme ??taient adopt??es dans la plupart des ??tats qui se partageaient la Chine ? cette ??poque, except?? cependant dans le pays de Tsin. Laaversion du despote Tsinchi Hoangti pour ce livre fut telle, quail ordonna sp??ci

istoire du royaume de Lou, son pays natal, de 722 ? 484 avant notre ?¨re. Un d??veloppement de cet ouvrage a ??t?? compos?? par Tso Kieou-ming, disciple du grand moraliste, sous le titre de Tso-tchouen, o

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La civilisation japonaise
La civilisation japonaise
“La civilisation japonaise by L??on Louis Lucien Prunol de Rosny”