STOIRE
SI?CLE D
RESTAURATIO
LES
hilosophe Laotsze, dans laInde le bouddha ??¢kya-Mouni, ? peu pr?¨s en m?ame temps que Zoroastre allait chercher dans des pays inconnus
et saapproprier les th??ories de Pythagore et les pr??ceptes du proph?¨te Ez??chiel[130]. Lahistoire de la vie du philosophe chinois et laitin??raire de ses voyages, qui ne laont jamais port?? en dehors des fronti?¨res de la Chine, sont trop bien connus pour quaon soit en droit de supposer quail ait jamais rien su des opinions morales et politiques cultiv??es chez les peuples ??trangers. Son ?uvre ne lui est pas exclusivement personnelle, bien loin de l? ; mais to
au-dessus du domaine du bon sens le plus vulgaire; sa philosophie ne saengagea, pour ainsi dire, jamais dans les r??gions p??rilleuses de la m??taphysique, et ne se pr??occupa gu?¨re plus de la physique; ses connaissances, en somme, furent des plus modestes, et sa faible imagination ne lui permit quaapr?¨s de p??nibles efforts de comprendre quelque chose ? la musique, sans quail lui f??t jamais donn?? daatteindre ? la hauteur de la po??sie. Ce serait ? tort quaon appellerait Confucius philosophe, si lao
intitul?? Tao-teh-king ?Le livre de la Voie et de la Vertu?[132], naen a pas moins suffi pour assurer ? son auteur une c??l??brit?? exceptionnelle, et pour donner n
s, il naest pas possible de savoir au juste ? quoi saen tenir au sujet des id??es de Laotsze; mais o
reux. Laid??e de la perfection originelle de lahomme, profond??ment enracin??e dans son esprit, est laobjet daune maxime enseign??e dans
tao). Laindividu naest rien quaun instrument de cette loi qui est la Fatalit?? absolue; et, comme la raison de cette fatalit?? est incompr??hensible pour lahomme, son devoir est de ne rien faire, car toute action, toute pens??e m?ame, est inutile, partant nuisible et coupable, puisquaelle ne peut saassocier ? la Voie Supr?ame dans laquelle est
e de baser ses enseignements sur une autorit?? non encore compl?¨tement oubli??e des masses, il saattacha ? rechercher les pr??ceptes ??crits de la morale antique, et les rites que les anciens rois avaient adopt??s pour faciliter laapplication de ces pr??ceptes. A la mort de sa m?¨re, il voulut accomplir, de point en
harges quail accepta parfois dans laespoir de profiter de son autorit?? pour r??former les abus. Mais, le plus souvent, ces princes, tout en lui t??moignant la plus haute estime, continu?¨rent ? vivre dans le luxe et la d??bauch
on des Livres Canoniques de la Chine antique, dont il avait recueilli des fragments dans ses voyages, et surtout dans les archives de la grande biblioth?¨q
e ait pu ?atre, Laotsze cherche ? vivre dans laisolement, ne saentoure point de disciples, ne re?§oit quaavec regret les visiteurs qui viennent lui demander des le?§ons, et se montre toujours indiff??rent ? laopinion du monde. Lorsquaun jour Confucius s
eux que le fut Tsin-chi Hoang-ti, ce g??nie puissant et orgueilleux de la r??volution chinoise au IIIe si?¨cle avant notre ?¨re, ce c??l?¨bre pers??cuteur des lettr??s et ce constructeur de la Grande-Muraille, pour r??pudier les enseignements de Confucius et leur pr??f??rer, non point la philosophie de Tao-teh-king, comme on laa trop souvent r??p??t??, mais les pratiques extravagantes et d??sordonn??es de la congr??gation des Taosse. Les tao-sse se donnent comme les disciples de Laotsze; mais rien naest aussi contraire ? la pens??e de ce grand ma??tre que leur culte, dans lequel se sont infiltr??es toutes les pratiques de la plus grossi?¨re idol?¢trie, alli??e ? laexercice de la magie et de la sorcellerie. La faveur dont ils furent laobjet, sous le r?¨gne de Tsinchi Hoangti, vint de ce que le prince, dont le nom signifie le
e o?1 se sont distingu??s des penseurs et des ??crivains remarquables ? plus daun titre. Il naentre pas dans le cadre exigu de cette conf??rence, da?
de Laotsze. Il vivait au IVe si?¨cle avant notre ?¨re; on lui doit un livre intitul?? Tchoung
la Fleur du Sud?.[134] En t?ate de cet ouvrage, se trouve un chapitre intitul?? Siao-yao-yeou, que laon consid?¨re comm
hi Hoangti, que laon rencontre, dans les ouvrages de cette secte, des dissertations sur les scien
fut aussi lainspirateur des ??crits de son ??cole. Un de ses plus illustres repr??sentants, Meng-tsze, connu des Europ??ens sous le nom latinis?? de ?Mencius?, et contemporain des philosophes taosseistes, Liehtsze et Tchouangtsze, consigna ses id??es relatives ? laorganisation sociale et ? la??conomie politique dans un livre qui, par son anciennet?? et sa valeur, a m??rit?? da?atre compt?? parmi les Quatre livr
en plusieurs petits ??tats, au milieu desquels ??tait enclav?? le maigre empire suzerain des Tcheou. Lainsuffisance des derniers princes de cette dynastie, la corruption qui r??gnait ? leur cour, resserraient sans cesse les ??
??j? sur un cinqui?¨me de la Chine. Nan-wang, souverain des Tcheou, comprenant enfin les projets ambitieux de Siang-wang, roi de Tsin, ordonna ? tous les princes quail consid??rait comme ses vassaux, de prendre les armes contre ce puissant ennemi. Mais bient?′t,
re daune s??rie unique dont il aurait occup?? la t?ate, et quaen cons??quence tout le pass?? f??t enseveli dans un ??ternel oubli. Caest en partant de ces id??es quail d??cr??ta laincendie des livres sacr??s recueillis par Confucius et par ses disciples, ainsi que tous les ouvrages historiques qui ??taient alors dans laempire. Ses pers??cutions contre les lettr??s lui valurent la haine implacable de presque tous les hommes qui, depuis son ??poque, se livr?¨rent en Chine ? la culture des lettres. Lahistoire de ce prince a sans doute ??t??, de la sorte, profond??ment alt??r??e; et il para??t ??vident que, si
t ceux de son fameux ministre Li-sse, les sept ??tats f??odaux qui se partageaient alors la Chine. Devenu seul ma??tre de tout laempire, il saarrogea le titre de Hoang-ti ?le supr?ame Empereur?, quaaucun prince naavait os?? saattribuer avant lui, et se fit redouter au-d
dans la voie o?1 ils sa??taient engag??s. Ces remontrances sans cesse renouvel??es finirent par exasp??rer ? un tel degr?? le puissant monarque, qua? la suite daun grand banquet offert, ? lainstar des fondateurs des premi?¨res dynasties, aux grands de sa cour et ? soixante lettr??s de premier ordre, il d??cr??ta, sur la proposition de son ministre Lisse, laincendie de tous les livres sacr??s et historiques qui pouvaient exister dans son empire, et des punitions s??v?¨res pour ceux qui chercheraient ? les sauver de laan??antissement (en 213 av. n. ?¨.). Et, pour que les lettr??s que cet ??dit exasp??rait naeussent pas le temps de susciter des troubles, il ordonna, peu apr?¨s, que tous les m??contents et ceux quaon pouvait supposer tels fussent employ??s ? la construction de la grande muraille quail fit ??lever au n
isse; et, parmi les livres qui furent br??l??s, les ouvrages de Confucius, quaon avait surtout laintention daan??antir, se sont ? peu pr?¨s tous retrouv??s apr?¨s la mort du tyran, qui eut lieu daailleurs trois ann??es apr?¨s la promulgation de la??dit incendiair
chaokao, redoutant que le ministre Li-sse f??t un obstacle ? ses desseins ambitieux, le d??non?§a au jeune prince comme coupable de haute trahison. Laempereur chargea laeunuque de le juger lui-m?ame et de le condamner: la sentence ne se fit pas attendre, et le fameux conseiller de Chi Hoangti fut coup?? en morceaux sur la place publique. Peu de temps apr?¨s, laeunuque Tchao-kao donnait la mort ? laempereur, qui lui demandait en vain gr?¢ce de la vie et une petite seigneurie, en ??change de laempire dont il lui abandonnait la souverainet??. Laeunuque appela sur le tr?′ne le fr?¨re a??n?? de laempereur quail avait d??poss??d?? lui-m?ame quelques ann??es auparavant. Le nouveau souverain, persuad?? du sort qui laattendait, sail ne parvenait pas ? se d??faire du t
s Tsin, qui avait occup?? le tr?′ne imp??rial de Chin
pereur supr?ame?. Sous son successeur, Hoe?ˉ-ti (de 194 ? 188 av. n. ?¨.), le d??cret contre la conservation des anciens livres fut r??voqu??. On saoccupa aussit?′t ? rechercher les manuscrits qui avaient pu ??chapper aux prescriptions incendiaires du min
de bambou sur lesquelles on avait jusquaalors lahabitude de graver les caract?¨res.[136] Ce prince r??duisit en outre de moiti?? les imp?′ts, et fit refleurir laagriculture qui avait ??t?? ruin??e pendant les guerres incessantes de la dynastie des Tsin. Bient?′t apr?¨s on rouvrit les ??coles, et la do
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