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La civilisation japonaise

Chapter 5 INFLUENCE DE LA CHINE

Word Count: 6260    |    Released on: 06/12/2017

U

ISATION

AVANT C

sieurs milliers daann??es daantiquit??, une philosophie raffin??e et des connaissances scientifiques et industrielles relativement tr?¨s avanc??es. Les insulaires de laextr?ame Orient, au naturel inquiet et essentiellement curieux, virent, dans cette civilisation du continent, un grand mod?¨le ? suivre et ? imiter, quelque chose qui ??tait pour eux une v??ritable r??v??lation. De m?ame

ant les fastes de son antiquit?? recul??e, quaelle devait daabord fasciner laimagination des insulaires du Nippon. Cette antiquit??, que les Japonais instruits se sont fai

ys est port?? ? lui attribuer une origine am??ricaine[89]. Je ne discuterai point ici ces diverses th??ories; je me bornerai ? dire quail r??sulte de mes travaux que le plus ancien domaine de la civil

es Tcheou, mais m?ame une foule daindices historiques remontant ? la dynastie des Chang, ? celle des Hia, et, dans une certaine mesure, au-del? de cette dynastie. Laauthenticit?? de cette histoire naest que m??diocrement ??tablie, il est vrai, par les monuments de laart proprement dit. Les ??difices de pierre sont de toute raret??[90], les inscriptions insuffisantes, les bronzes pour la plupart sans l??gendes sur lesquelles puisse saexercer la critique avec quelque chance de succ?¨s. En revanche, lainstitution antique de la charge dahistoriographe officiel de laempire, les conditions remarquables daind??pendance dans lesquelles ??taient pl

laquelle il put appuyer sa doctrine; mais, cette base trouv??e, il naeut ni le go??t, ni le besoin de faire remonter ? des temps plus recul??s les fastes du peuple dont il sa??tait donn?? la mission de r??former les m?urs et de r??gler laexistence. Eh bien! Confucius a non-seulement admis comme historique le r?¨gne de Hoang-ti, qui vivait au XXVIIe si?¨cle avant notre ?¨re, pr?¨s de 600 ans avant la naissance daAbraham, m

maine du mensonge et de la fantaisie. Le contr?′le de la??rudition ne saurait ?atre exerc?? daune fa?§on trop s??v?¨re; mais ce contr?′le ne doit point avoir pour effet de repousser sans ample discussion les faits dont laauthenticit?? ne para??t pas absolument d??montr??e. Laesprit humain, on laa dit souvent, invente peu; ses pr??tendues inventions ne sont souvent que des ??chos, des r??miniscences des temps pass??s. Une foule de l??gendes d??c?¨lent des faits r??els, dont la trace m??rite da?atre recherch??e. Quaimporte, au fond, qu

o-tse, dont lainfluence fut pr??pond??rante en Chine ? la??poque de la n??faste, mais ? coup s??r m??morable dynastie des Tsin (IIIe si?¨cle avant notre ?¨re). Nous y trouvons lahistoire de deux chefs de tribus Yeou-

qui, suivant leurs combinaisons, servaient ? rappeler un certain nombre daid??es simples, adapt??es aux besoins de laadministration publique. Les signes de cette ??criture sont d??sign??s sous le nom de koua ou trigrammes; ils remplac?¨rent une ??criture form??e ? laaide de cordelettes nou??es, analogues aux qquipou des anciens P??ruviens. Fouhhi est repr??sent?? avec des excroissances sur le front, embl?¨mes du g??nie, quaon remarque ??galement sur

nventa la charrue et laart de cultiver les champs. Il organisa les premiers march??s, enseigna les principes de laa

Avec Hoang ti seulement, leur r??cit acquiert une apparence de v??rit?? qui ne permet gu?¨re de le rel??guer en dehors du domaine de lahistoire positive. La soixante et uni?¨

puis les temps les plus recul??s. Laann??e chinoise la plus ancienne ??tait de 365 jours et un quart, juste comme laann??e julienne; quant aux si?¨cles chinois, ils se composent de soixante ann??es, form??es par

eur?, par lequel on d??signait d??j? sous son r?¨gne la?tre supr?ame, ??tablissait, entre le Ciel et le ma??tre de la Terre, une corr??lation de nature ? rendre sacr??es, aux yeux du peuple, les pr??rogatives de sa haute magistrature. Apr?¨s Hoangti, on place quatre souverains: Chao-hao fit ex??cuter de grands travaux publics, composa une musique nouvelle et r??gla le costume que devaient porter les mandarins des diff??rentes classes; Tchouen-hioh organisa le service des mines, des eaux et des for?ats, r??forma le calendrier et pla?§a le commencement de laann??e ? la premi?¨re lune du printemps; il d??cr??ta enfin que laempereur seul offrirait d??sormais l

t droit de se soustraire. Pr??occup?? de trouver un successeur, il repoussa la proposition que lui faisaient ses ministres de d??signer son fils pour occuper le tr?′ne apr?¨s lui, et finit par arr?ater son choix sur un pauvre laboureur nomm?? Chun, qui, n?? dans une famille

corporelles ne furent mises en pratique que sous la dynastie des Hia, et que les ch?¢timents inflig??s sous le gouvernement de Chun ne consistaient quaen c??r??monies infamantes. Pendant son r?¨gne, Chun avait eu ? se pr??occuper du d??bordement du fleuve Jaune et des inondations diluviennes qui avaient rendu inhabitables de grandes ??tendues du territoire chinois. Un jeune homme pauvre, nomm?? Yu, qui passait pour descendre de laempereur Hoangti, ??tait devenu laing??nieur de laempire et avait dirig?? de grands travaux de canalisation pour faciliter la??coulement des eaux. La sagesse dont ce jeune homme avait fait preuve en maintes circonstances, engagea Chun ?

rientalistes ont vu, dans ce nom ti, une analogie linguistique avec la racine qui sert ? d??signer la divinit?? chez les peuples ?¢ryens, et m?ame dans quelques autres rameaux de laesp?¨ce humaine. Nous naavons pas ? examiner ici sail est possible de croire s??rieusement ? la parent?? du mot chinois ti et des mots ???μá?? en grec, deus, divus en latin, dieu en fran?§ais, teotl en azt?¨que, etc. De nombreuses et savantes disputes ont ??t?? engag??es sur le caract?¨re monoth??iste de la religion des Ch

pas encore ??t?? suffisamment ??tudi??s, et vous comprendrez que, lorsquail saagit de questions de doctrine aussi d??licates, il serait imprudent de prononcer un jugement avant daavoir soumis les textes ? toutes les investigations de la critique. ?Le Ciel lumineux, dit le Livre sacr?? des Po??sies, a des d??crets qui saaccomplis

?¨ce: ?Wenwang est aux c?′t??s du Supr?ame Souverain[107]?. Daailleurs, le culte des anc?atres, qui tient une place si consid??rable dans les institutions chinoises, pr??suppose une sorte de croyance dans la perp??tuit?? de laindividu, et il ne para??t pas se r??duire ? une simple v??n??ration du souvenir. Ce culte, largement c??l??br?? dans le Chi-king, o

s sacrifices de laesprit qui doit les inspirer. A cet ??gard, le M??morial des Rites est aussi clair, aussi explicite que possible: ?Dans les c??r??monies, nous dit le quatri?¨me livre canonique, ce ? quoi on attache le

sonne. Ces sacrifices, comme laa fort bien remarqu?? Pauthier[111], diff??raient profond??ment de ceux que nous voyons pratiquer dans les autres cultes: ca??taient des

s ??tendu que celui des mots par lesquels nous le rendons en fran?§ais. Le hiao r??sume les devoirs sociaux entre laempereur et ses sujets, entre les divers rameaux de la famille, entre les diff??rents membres de la soci??t??. Ces devoirs ont pour point de d??part ou pour fin laautorit?? paternelle, autorit?? absolue et indiscutable, quaelle saattache ? la personne du prince, p?¨re du peuple, ou quaelle saapplique ? celle du chef de famille, p?¨re et tuteur n?? de tous les individus qui la composent. De

-m?ame. Tout fils soumis ? ses p?¨re et m?¨re doit cacher leurs fautes et saabstenir de les blesser par des r??primandes ou des observations inopportunes. Tout

onjugale qui saaccorde mal avec ce quaon a dit de la polygamie des anciens Chinois. Il est certain que la pluralit?? des femmes ??tait permise d?¨s les temps des premi?¨res dynasties, mais il est aussi positif que la fid??lit??, le bonheur des ??poux monogames, la perp??tuit?? des liens contract??s pour une dur??e qui d??passe m?ame la vie terrestre, ??taient hautement vant??s en Chine, bien des si?¨cles avant Confucius. ?Launion des ??poux, dit le Livre sacr?? des Rites, une fo

au nom de laempereur, des tablettes de marbre blanc pour perp??tuer leur souvenir. Je dois avouer que, du c?′t?? de lahomme, la conservation de la fid??lit?? conjugale et la perp??tuit?? de ses liens naont pas pr??occup?? au m?ame degr?? les philosophes chinois. Lainf??riorit?? de condition de la femme naest ??videmment pas contestable dans la morale ??crit

cadence. Il est encore pratiqu?? avec le plus grand z?¨le, non-seulement au C??leste-Empire, mais encore dans les pays voisins, qui ont subi lainfluence civilisatrice de la Chine. Les souverains se sont daailleurs attach??s de tout temps ? donner, ? cet ??gard, un exemple ??difiant ? leurs sujets, et ils ont toujours profess

, dans une monarchie despotique comme laa toujours ??t?? la Chine, les pr??ceptes de la morale antique ont su att??nuer la rigueur de laautocratie souveraine, assurer daimporta

accompli une ?uvre aussi digne da??loges que digne de m??moire. En lisant les chroniques des ?saints empereurs? Yao, Chun et Yu, on serait tent?? de croire que la vertu la plus parfaite ??tait la seule loi qui guid?¢t les princes dans la Chine antique. Mais nous ne pouvons douter que cette vertu imp??riale, si vant??e par les historiens chinois, appartienne bien plus ? la l??gende qua? la froide r??alit??. Daailleurs, ? c?′t?? de ces souverains exemplaires, les annales indig?¨nes nous citent des empereurs qui ont abus?? de la fa?§on la plus cruelle, la plus d??vergond??e, de tous les privil?¨ges de la supr?ame autocratie; et, ? la??poque o?1 parut le c??l?¨bre philosophe de Lou,-cette ??poque-l? ne saurait ?atre contest??e comme historique,-la Chine ??tait en pleine d??moralisation, en pleine d??sorganisation sociale. Le gra

aison salutai

e monde, ??clai

en sage, et jam

e crut, et m?a

jours suivi ses enseignements; mais, quand ils saen sont ??loign??s, laexercice de leur autorit?? est bient?′t devenu impraticabl

aau dernier des pl??b??iens, sainclin?¢t devant le sage, devant lainstituteur de la philosophie et de la science. ?Le prince qui fait ses ??tudes, dit le Li-ki, ??prouve de la difficult?? ? respecter son pr??cepteur (parce quail est habitu?? ? traiter tout le monde comme ses sujets). Cependant le respect pour son ma??tre naest quaun hommage ? la vertu; e

pays essentiellement ??galitaire, o?1 il naexiste aucune noblesse f??odale, o?1 les lettr??s sont les nobles[122], les grades universitaires servent seuls ? constituer une caste s

nt investis le droit da??crire avec une certaine libert?? de critique les annales des princes qui r??gnaient ? leur ??poque. Jaai r??sum?? dans une autre enceinte[124] les principaux traits de lahistoire de cette institution, qui donne aux annales de la Chine un caract?¨re de v??racit?? et daind??pendance difficile ? trouver ailleurs. Jaai cit?? lahistoire de

e laantiquit??, il avait sans cesse pr??sente ? la m??moire, pour la lui r??p??ter, cette parole du Livre sacr?? des Po??sies: ?Empereur, ne sois point la honte de tes a?ˉeux[125]!? Il est bien ??vident que, dans la longue dur??e de cette institution, plus daun censeur se fit le plat courtisan du ma??tre; mais il est juste de dire aussi que plus daun nah??sita pas ? accomplir son devoir au p??ril de sa vie. Un censeur, persuad?? du sort qui laattendait, un jour quail avait ? faire ? laempereur des repr??sentations contrairement ? sa volont??, fit con

la politique, des formules quaon croirait ??man??es de la d??mocratie moderne: ?Le Fils du Ciel est ??tabli pour le bien et dans laint??r?at de laempire, et no

?t?? laautocratie daune foule de souverains europ??ens. Il faut m?ame ajouter, ? lahonneur de la civilisation chinoise, que la morale publique, la morale ??crite, je pou

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“La civilisation japonaise by L??on Louis Lucien Prunol de Rosny”