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La civilisation japonaise

Chapter 10 LA

Word Count: 5827    |    Released on: 06/12/2017

URE DES

la??criture ant??rieurement ? leurs premi?¨res relations historiques avec les Chinois.[176] Mon illustre et tr?¨s regrettable ami, le docteur de Siebold, maannon?§ait m?ame la prochaine publication de monuments de ce genre, lorsque la mort est venue laenlever aux sciences et aux lettres japonaises quai

es de cette ??criture, appel??s sin-zi ?signes divins?, ne diff??rent que fort peu de ceux quaemploient de nos jours les habitants de la Cor??e. Les savants japonais disputent sur la question de savoir si ces caract?¨res ont ??t?? invent??s

?criture cor??enne au syst?¨me ? tant da??gards d??fectueux et insuffisant des kana syllabiques. Je ne connais pas daautre exemple daun peuple qui, ayant fait usage daune ??criture alphab??tique, laait abandonn??e pour lui substituer une ??criture figurative. Laabandon de laalphabet cor??en e??t ??t?? daautant moins raisonnable que ses lettres se disting

s ? une ??poque de beaucoup ant??rieure ? la connaissance de la??criture dans le Nippon. Certaines po??sies, des chants relatifs aux fastes de laantique dai-ri, conserv??s par la tradition orale, sont certainement de plusieurs si?¨cles ant??rieurs au temps o?1 les Japonais commenc?¨rent ? employer l

t au-del? des limites que doit avoir cette conf??rence. Je me propose donc de jeter seulement un coup da?il rapide sur les divers genres de monuments qui constituent cette litt??rature; et, tout en maattachant ? v

daouvrages dont laauthenticit?? a ??t?? ??tablie daune mani?¨re incontestable. Parmi ces ouvrages, ils citent tout daabord

?¨gne de laimp??ratrice Kau-ken (749-759 de notre ?¨re). Ce lettr?? mourut avant daavoir compl??t?? son ?uvre, qui ne fut achev??e que sous le LIe mikado, Hei-zei (806-809), auquel elle fut pr??sent??e. Ainsi saexplique la pr??sence, dans le Man-y?′ si?1, d

ne plus devenir que de simples lettres daun syllabaire destin?? ? reproduire les sons de la langue de Yamato. Ce syllabaire, ayant servi tout daabord ? ?

?cheur daexpression qui les rendent aimables, m?ame pour les Europ??ens les moins initi??s aux rouages si originaux de la civilisation de laextr?ame Orient. Il en est enfin un certain nombre qui sont fort obscures et ? peu pr?¨s inintelligibles pour les l

ns sa jeunesse de la bouche du mikado Tem-bu, il est ??crit, comme le Man-y?′ si?1, en caract?¨res chinois employ??s tant?′t avec leur signification id??ographique, tant?′t avec une valeur purement phon??tique. Laouvrage commence par un expos?? de la cosmogonie et par une histoire g??n??alogique des k

enticit?? est incontestable, et que laon doit placer ? la t?ate de tous les ouvrages historiques des Japonais[184]. Les deux premiers tomes sont consacr??s aux dynasties divines (Ka-mi-no yo); les vingt-huit derniers ? lahistoire des mikados, de

ositions de signes que les Japonais ont lahabitude daemployer lorsquails ??crivent suivant les lois de la syntaxe chinoise. On serait n??anmoins dans laerreur, si laon croyait que des text

ui a ??t?? adopt?? par Landresse pour la bibliographie chinoise. Cet ordre est emprunt??, en partie du moins, au grand Catalogue de la Biblioth

naises, accompagn??es pour la plupart de commentaires. Les unes se composent du texte original chinois, auquel on a joint seulement les signes de transposition phras??ologique destin??s ? faciliter leur traduc

ers conqu??rants de la Chine. Aujourdahui que la connaissance du japonais commence ? se r??pandre parmi les orientalistes, on ne peut plus tarder ? demander ? cette langue laaide philologique quaon tirait nagu?¨re de la connaissance du mandchou: les traductions japonaises des ouvrages chinois sont en g??n??ral p

prim??s et traduits par les Japonais. On poss?¨de de la sorte, dans la langue du Nippon, le Hiao-king ou Livre sacr?? de la Pi??t?? filiale

u ?culte des G??nies?. Tous prennent pour point de d??part les donn??es mythologiq

que fort peu la litt??ratur

pour la??tude de la grande religion de laInde. A voir les colonnes du texte chinois accompagn??es de colonnes interlin??aires en caract?¨res hira-kana ou kata-kana, on pourrait croire tout daabord ? la pr??sence daune traduction en langue japonaise. Un examen quelque peu attentif prouve quail naen est rien: ces ??ditions ne donnent, en plus du texte chinois, que la seule notation phon??tique des signes, de fa?§on ? rendre possible leur prononciation aux pr?atres et aux d??vots qui ne sont pas en

cien ouvrage de ce genre que je connaisse est une version de la?vangile de saint Jean, attribu??e au missionn

x philosophes des diff??rents si?¨cles. Caest ainsi que je poss?¨de les ?uvres de Meh-tih (Ve si?¨cle avant notre ?¨re), chef de la?cole de la fraternit?? universelle; de Tchouang-tsze (IVe si?¨cle avant notre ?¨re), c??l?¨bre

es livres se composent, pour la plupart, daaphorismes et de pr??ceptes accompagn??s daanecdotes destin??es ? les faire comprendre plus ais??ment aux classes populaires, pour l

ts administratifs dans lesquels on ne peut d??couvrir facilement les ??l??ments du droit politique, tel quaon le comprenait au Nippon avant lainvasion des id??es europ??ennes. On maa assur?? que le testament politique attribu?? au fameux syaugoun Iye-yasu, et commun??ment

94]. En ce genre, le meilleur ouvrage que je poss?¨de est le Sin-sen Nen-hyau de Mitu-kuri;[195] il est pr??c??d?? des arbres g??n??alogiques des souverains du Nippon et de la Chine, daune table des nen-gau ou noms daann

iques de laancienne histoire du Japon. En dehors de ces ouvrages, daune importance capitale pour laorientalisme,

ku (1715). Ces savantes annales, plus compl?¨tes ? bien des ??gards que tous les autres ouvrages du m?ame genre qui sont parvenus jusqua? nous, ont ??t?? compos??es avec la pens??e de rappeler au peuple

vec des annotations grammaticales japonaises. On y trouve lahistoire des mikados, dep

onaises et de commentaires. Comme laouvrage pr??c??dent, il ne va pas au del? du r?¨gne de Yo-zei II (1587-1611). Caest daailleurs un livre m??diocrement estim?? des savants japonais[196], au

?¨gne de Y?′-zei II (1611), o?1 saarr?atent ??galement les auteurs dont jaai parl?? pr??c??demment. Ce livre, publi?? pour la premi?¨re fois en 1652, est daune lecture aride, et les indig?¨nes en font assez peu de cas. En revanche, caest laouvrage historique le plus connu des Europ??ens et le seul dont on poss?¨de une traduction compl?¨te, ??crite ? la fin du si?¨cle dernier par Titsingh, sous la dict??e des interpr?¨tes du comptoir hollandais de

ass??s pendant les guerres des Mina-moto et des Taira, et sous le gouvernement des syaugouns, depuis son origine jusquaau milieu du XVIIe si?¨cle, ??poque o?1 r??gnait la derni?¨re maison syaugounale des Toku-gawa. Ces annales, r??di

r toute une s??rie de livres tr?¨s populaires au Japon, et qui participent les uns

la nature de cet ??crit, si laon saen rapportait ? la traduction pure et simple de son titre. Caest, en effet, lahistoire des guerres longues et violentes que se firent au moyen ?¢ge les deux c??l?¨bres familles de

es chefs-da?uvre de la litt??rature au Nippon, est le Hei-ke mono-gatari, ou ?R??cits sur la maison de Ta?ˉra?.[200] Laauteur, Yuki-naga, prince de Sinano,

ntau?ˉste de la grande d??esse solaire Ten-syau dai-zin, et qui est devenu un des lieux de p?¨lerinage les plus fr??quent??s du Japon; le Oho-saka mono-gatari ou ?R??cits sur la ville daOhosa

n japonaise. En dehors des innombrables monographies sur lesquelles je ne saurais maarr?ater ici, ils ont compos?? sous le titre de Mei syo du-ye, de v??ritables descriptions encyclop??diques de chacune de leurs provinces. Ces descriptions, con?§ues en g??n??ral sur le m?ame plan, nous font conna??tre de la fa?§on la plus minutieuse les particularit??s int??ressantes

, les Japonais ont publi?? de petits atlas routiers dont les cartes se d??roulent au fur et ? mesure quaon avance sur un chemin donn??, et font conna??tre toutes les particularit??s int??ressantes des stations quaon est appel?? ? rencontrer. Une route vient-elle ? se bifurquer, le petit atlas portatif indique, par un double trac?? de lignes parall?¨les, les deux routes nouvelles qui se pr??sentent au touriste; et, par de courtes notes, il enseigne la direction, laaboutissement des deux routes. Notions succinctes sur le

preuve de laactivit?? curieuse qui caract??rise ? un si haut degr?? les insulaires de laextr?ame Orient; mais ils naont pas pour nous laint??r?at que pr??sentent leurs anciennes narrations de voyages dans les contr??es voisines du Nippon, et sur lesquelles ils ont recueilli, depuis

ait ??t?? ??crit sur la mati?¨re. Nous poss??dons d??j? en Europe de nombreuses narrations des ??les habit??es par les A?ˉnos velus[203], des documents historiques

?thodes europ??ennes. Leur pays, quaon a appel?? le ?paradis terrestre des botanistes?, ??tait essentiellement propre ? les encourager ? la??tude des plantes; aussi les travaux de phytologie sont-ils de beaucoup les plus nombreux dans leur litt??rature scientifiqu

t r??partir en deux classes: ceux qui ont ??t?? compos??s daapr?¨s la m??thode indig?¨ne

utilit?? pour nous de voir traduire dans une langue europ??enne. Parmi ces publications, je me bornerai ? citer laencyclop??die

??e daune fa?§on non moins remarquable d

ng de les ??num??rer ici; mais je ne puis me dispenser de citer un tr??sor de la langue japonaise, intitul?? Wa-kun siwori, compos?? de cinquante-neuf tomes (le dernier est dat?? de 1862), et qui doit ?atre compl??t?? par un nouveau suppl??ment dont la publication maest encore inconnue. Enfin, on annonce un vaste r??pertoire de la langue japonaise intitul?? Go-i, dont les quatre premiers volumes ont paru r??cemment, et qui, sail est jamais termin

nt alors parvenus en Europe, et dont le nombre est ? peu pr?¨s doubl?? aujourdahui. Les genres les plus divers y sont repr??sent??s; et, dans quelques-uns du moins, on ne peut nier que les Japonais naaient donn?? des produits dignes daattention. Jusqua? pr??sent, un tr?¨s petit nombre de ces po??sies, sans do

remarquables soient repr??sent??s par ces premiers essais des japonistes. Nous ne poss??dons encore quaune seule des ?uvres du c??l?¨bre romancier de Y??do, Riu-tei Tane-hiko[216], don

les ne jouissent pas au Japon de la faveur qui doit guider le choix des savants capables daentreprendre de tels travaux de traduction. Jaai cit?? ailleurs,[218]

n pourrait dresser ais??ment, d?¨s aujourdahui, un Corpus inscriptionum japonicarum, et traduire la plupart des documents en tirant profit des travaux de d??chiffrement accomplis par les arch??ologues indig

??dies europ??ennes. Je veux parler du Wa-kan San-sai du-ye, ouvrage en 105 tomes, connu depuis longtemps des orientalistes sous le nom de ?Grande Encyclop??die japonaise?, et auquel les sinologues et les japonistes ont d??j? fait de fr??quents emprunts[220]. Il est probable quail ne tardera pas ? para??tre au Japon quelque encyclop??die nouvelle et plus compl?¨te; mais une publication de ce genre naint??ressera peut-?atre pas autant

chaque pas, jaai d?? me condamner ? abr??ger ce que jaavais ? dire. Le peu que jaai rapport?? suffira peut ?atre pour faire comprendre combien i

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La civilisation japonaise
La civilisation japonaise
“La civilisation japonaise by L??on Louis Lucien Prunol de Rosny”