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La civilisation japonaise

Chapter 3 LES ORIGINES HISTORIQUES

Word Count: 4941    |    Released on: 06/12/2017

RCHIE J

Japon naa pas cess?? daexister depuis lors comme nation autonome, et quaen somme, on trouverait sans doute difficilement, dans lahistoire, un autre exemple daun empire qui ait v??cu plus de 2,500 ans, sans avoir jamais subi le joug daune puissance ??trang?¨re. La?gypte et la Chine sont les ??tats qui ont le plus dur?? dans lahistoire; mais ces ??tats ont ma

remi?¨res relations historiques du Japon avec la Chine, par ce fait que les noms de ces empereurs ??tant tous des noms chinois avaient ??t?? n??cessairement invent??s apr?¨s coup; on a dit que le plus ancien livre historique du Nippon, le Kiu-zi ki ?M??morial des choses anciennes?, compos?? sous le r?¨gne de Sui-kau (595-628 apr?¨s notre ?¨re), avait ??t?? perdu dans laincend

ers genres daobjections soulev??es contre la

s historiens indig?¨nes nous fournissent, daailleurs, des renseignements qui ne sont pas absolument d??pourvus de valeur pour consolider cette opinion. Laexp??dition que Tsin-chi Hoang-ti, de la dynastie de Tsin, le c??l?¨bre pers??cuteur des lettr??s et le constructeur de la Grande-Muraille, envoya au Japon pour y chercher le breuvage de laimmortalit??, appartient surtout ? la mythologie. Cette exp??dition est cependant mentionn??e dans quelques historiens japonais. Le m??decin Siu-fouh (en jap. Zyo-fuku) qui la dirigeait, naayant pu r??ussir, disent-ils, ? r??aliser les esp??rances du despote chinois, jugea prudent de ne plus retourner dans son pays: il se fixa au Nippon, et y mourut pr?¨s du mont Fouzi; apr?¨s sa mort, les indig?¨nes b?¢tirent ? Kuma-no, dans la province de Ki-i, un temple en son honneur, sans doute en m??moire des services quail avait rendus aux insulaires en leur faisant conna??tre les sciences et les let

??e dans leurs ??les du c??l?¨bre Wa-ni, il para??t certain quails faisaient pr??alablement usage daune ??criture cor??enne, daorigine indienne, peu diff??rente de celle quaon pratique encore aujourdahui en Cor??e[35]. Et il reste en plus aux japonist

ne du Japon naait pu ?atre transmise de g??n??ration en g??n??ration par la tradition orale, comme cela saest op??r?? chez une foule de nations diff??rentes. Lahistoire primitive daun peuple

s de laempereur Odomo, mort en 787 apr?¨s J.-C., alors que les id??es chinoises avaient p??n??tr?? de toutes parts la civilisation japonaise. Les premiers mikados sont daailleurs mentionn??s ??galement, dans les annales indig?¨nes, par leurs v??ritables noms, qui ??taient des noms purement japonais. Caest ainsi que le premier empereur,

le Ni-hon Syo-ki, qui renferme lahistoire des mikados depuis les dynasties mythologiques jusquaau r?¨gne de Di-t?′, avait ??t?? transmis verbalement par laempereur Tem-bu, ? une jeune fille de la cour, no

Tsin-chi-hoang-ti, fut reconstitu?? ? laaide des souvenirs daun vieillard appel?? Fou-seng? Et cependant aucun savant, que je sache, naa cherch?? ? con

et fantastiques se retrouvent au d??but de toutes les histoires. On peut m?ame dire, en faveur du Japon, quail a su s??parer mieux quaune foule de peuples, la partie l??gendaire de la partie historique des temps primordiaux de son ex

ssit?? o?1 se sont trouv??s les premiers compilateurs, de combler un espace de 1060 ans, dans lequel ils ne pouvaient d??couvrir le nom de plus de dix-sept souverains. Les chroniques chinoises, suivant ce savant, permettent daajouter quelques princes ? la liste que nous ont conserv??e les ??crivains indig?¨nes. Il serait peut-?atre bien s??v?¨re de contester laauthenticit?? des vieilles annales japonaises, par ce fait de la dur??e exag??r??e de certains r?¨gnes y renferm??s; et laon pourrait retourner la critique, en faveur de la sinc??rit?? des historiographes du Nippon, en disant quails ont pr??f

s ouvrages: le Kiu-zi ki ou ?M??morial des vieux ??v??nements?, le Ko-zi ki ou ?M??morial des choses de laantiquit???

ar Sogano Mumako, sous le r?¨gne de laimp??ratrice Soui-kau, qui r??gnait de 595 ? 628 de notre ?¨re. Laouvrage en dix volumes, qui existe aujourdahui sous ce titre, est daune aut

??t?? question tout ? laheure, est ??crit en caract?¨res chinois, employ??s tant?′t avec leur valeur id

le Ni-hon syo-ki ? laimp??ratrice Gen-syau, le 5e mois de laann??e 720. Dans ces ouvrages, les mikados ne sont point d??sign??s sous le nom honorifique chinois quaon leur attribue commun??ment, mais bien sous leur nom pur

) dans le gouvernement du monde, caest-? -dire de leur pays. Je me bornerai ? vous rappeler en quelques mots les id??es commun??ment r??pandues parmi les sectaires de la religion sin

oins de faveur parmi leurs compatriotes. La plupart daentre eux saaccordent pour consid??rer le N

uge, ainsi que les livres nous laapprennent. Dans laOccident, au dire des savants de cette r??gion, il y a eu ??galement un grand d??luge. Au Japon seulement, il nay a pas eu

us avanc??s au Japon que partout ailleurs, et cependant les arts

ation de demander quelque chose ? la??tranger; tandis que les hommes partis du Japon se sont trouv??s dans des pays mauvais, incapables de suffire ? leurs besoins, et ont d?? saing??nier

cr??ation du monde nous sont expo

fait que le Ciel fut form?? le premier, et que la Terre ne fut ??tablie quaapr?¨s. Ensuite naquit au milieu daeux un g??nie (Kami). Aussi laon dit qua? laorigine du d??gagement du Ciel et de la Terre, les ??les et les terres flott?¨rent sur laeau comme des poissons. En ce moment, il naquit au milieu du Ciel et de la Terre une chose qui, par sa forme, ressemblait ? un roseau (asi-gai), lequel se m??tamorphosa et devint le dieu appel?? Kuni-no toko tati-no mikoto[41], ??galement nomm?? Kuni-soko-t

ut le premier qui poss??d?¢t une ??pouse; mais, pour donner le jour ? ses successeurs, il ne la connut pas suivant la mani?¨re des hommes. La conception naeut lieu que par une sorte de contemplation de chaque couple et par des moyens surnaturels que la d??gradation des hommes ne leur permet plus de comprendre. Le cinqui?¨me g??nie r??gna par la vertu du m??tal et conserva son ??pouse immacul??e, comme aussi son successeur. Le sixi?¨me g??nie r??gna par la vertu de la terre, le dernier des cinq ??l??ments dont ses anc?atres avaient symbolis?? laexistence. Enfin le septi?¨me g??nie

ur premier p?¨re et leur premi?¨re m?¨re. Suivant K?|mpfer, les Japonais, qui embrass?¨rent le christianisme aux XVIe et XVIIe si?¨cles, les appelaient leur Adam et ?ve. La tradition rapporte que ces deux g??nies pass?¨rent leur vie dans la province

Mais, de toutes ces divinit??s, celle qui tient la plus large place dans le culte populaire appel?? Kami-no miti, celle qui est devenue la Grande D??esse de la religion nationale du Japon, ce fut Oho-hiru me-no mikoto, commun??ment appel??e Ama-terasu oho-kami ou Ten-syau da

zin, compl?¨tent la dynastie des g??nies terrestres, ? laquelle

elativement aux p??riodes semi-historiques ant??rieures ? O-zin, XVIe mikado, avec

caest-? -dire ?le Grand G??nie qui brille au firmament.? La m?¨re de ce prince, Tama-yori hime, ??tait fille du Riu zin ?le G??nie Dragon?, ou dieu de la Mer; elle lui donn

¨s lui tous les historiens qui laont copi??, rapporte que ce personnage fut proclam?? prince h??r??ditaire lors de sa quinzi?¨me ann??e, et, par cons??quent, futur h??ritier daun tr?′ne

??gion qui fut appel??e, ? cause de la forte mar??e quail rencontra sur ses c?′tes, Nami-haya on-kuni ?le pays des vagues rapides?, et, par la suite, Nani-ha ou Nani-va[52]. Peu apr?¨s, il se trouva, ? Kusa ye-no saka, en pr??sence daun puissant prince a?ˉno, nomm??, en japonais, Naga-sune hiko[53], qui lui fit subir plusieurs ??checs et mit ses troupes en d??route. Dans un des combats, le fr?¨re a??n?? de laempereur, Itu-se-no mikoto, fut atteint daune fl?¨che et mourut[54]. Zi

moyen pour arriver ? ces r??sultats, ??tait daemprunter aux autochtones leur mythologie nationale, et de greffer la g??n??alogie de Zinmou sur un des principaux rameaux de leur grande famille de Kami ou de G??nies. Je ne veux pas dire pour cela que le panth??on sintau?ˉste, dont nous trouvons les principales repr??sentations dans le Ko-zi ki, est un panth??on purement a?ˉno: bien loin de l? , je crois apercevoir, dans ces dieux originaires du J

?¨re attaque contre ce puissant hi-ko lui avait prouv?? que les autochtones ne se laisseraient pas assuj??tir aussi ai

r, ce Nigi-hayabi ??tait lui-m?ame fils daOsiho-mimi, le second des grands dieux terrestres (ti-zin); de telle sorte que Zinmou, qui se pr??tendait issu de son c?′t?? de Ugaya-fuki awasesu, le quatri?¨me de ces gran

r, convaincu de cette parent?? quail naavait pas soup?§onn??e, voulut faire sa soumission au mikado. Nagasoune tenta de say opposer: sa r??sistance lui co??ta la vie[57]. Zinmou avait, de la sorte, aplani par la ruse les obstacles que ses troupes ??taient impuissantes ? renverser. Fort de laalliance du prince a?ˉno Nigi-hayabi, il lui fut d??sormais facile de vaincre et daan??antir laun apr?¨s laautre tou

palais de Kasiva-bara, o?1 il fut proclam?? mikado. Il organisa ensuite son gouvernement; et, apr?¨s soixante-treize ans de r?¨gne, mourut ? la?¢ge de cent vingt-sept ans, en 585 avant no

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La civilisation japonaise
“La civilisation japonaise by L??on Louis Lucien Prunol de Rosny”